Suzel Roche

Documenter / Penser / Transmettre
Journaliste et réalisatrice de formation, j’ai développé depuis plus de dix ans une pratique documentaire multimédia, questionnant le passé pour mieux penser au présent les enjeux particuliers ou collectifs. Les travaux que je mène s’appuie sur des recoupements d’archives, la collecte de témoignages, l’écriture et la captation d’images et de sons, l’accompagnement de groupes mobilisés sur une recherche dans une logique participative.
Ce travail de documentation, de création et de valorisation aboutit à différentes formes de restitution: textes, vidéos, créations sonores, mais aussi créations numériques multimédia (site internet, web documentaire, application mobile, installation in situ …) permettant de rassembler, relier, retrouver les transversalités propre à chaque histoire.

S.R


> Documentaire de création “De mémoire et d’oubli”, 50 mn, 2015
(une production Cailloux /Ducks & Drakes, avec la participation de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) :

Projection en avant première le 26 novembre 2015 à 18H30 aux Archives Départementales Gaston Defferre, 18-20 rue Mirès 13003 Marseille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De mémoire et d’oubli, le cimetière des Petites Crottes, Marseille 13015

Pendant plus de 5 mois en 2013 puis 2014, une équipe d’archéologues de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, a fouillé une partie du cimetière des Petites Crottes, en usage de 1784 à 1905. Le site, une fois fouillé, laissera place fin 2015 à un nouvelle station de métro, dans l’emprise d’Euroméditerranée 2, bordant la frange portuaire des quartiers Nord de Marseille. A l’intersection des temps, ce travail de mémoire et de documentation du passé, repose sur des gestes et des approches individuelles et collectives autour des restes humains. Au delà du rapport scientifique et méthodique au corps mort, se dessine notre propre rapport à la finitude, à la mémoire et à l’oubli. Mais aussi, la possibilité de réfléchir à partir des marges territoriales, nos liens au sein d’une société en mutation.

C’est à travers le regard croisé d’une vidéaste, d’une archéo-anthropologue et d’une historienne qu’apparaît la fouille archéologique d’un cimetière de la fin de l’Ancien Régime au début du XXème siècle, celui des Petites Crottes.

“C’est un regard à la foisur ce secteur particulier du quartier des Crottes, ancien hameau au Nord de Marseille complètement transformé par l’essor urbain lié la révolution industrielle, sur la manière dont se déroule une fouille archéologique préventive, sur la relation que les archéologues entretiennent avec les squelettes, avec leur propre corps et sur l’histoire du cimetière comme sur celle du quartier…
Suzel Roche filme tous ces contrastes entre le présent du quartier – secteur de rebut pas vraiment habité, dominé par les bretelles d’autoroute ou les boulevards de ceinture-,  et le passé où ce cimetière, qui fait l’objet aujourd’hui d’une fouille, avait été installé à la fin du XVIIIe siècle.
Que perçoit de ces différents éléments l’archéologue, pris dans le quotidien d’un chantier avaleur de temps et producteur de nouvelles découvertes?
Quelles questions posent la fouille d’un cimetière d’époque récente ? En quoi est-elle légitime?  Quel est le devenir du site et des vestiges exhumés après la fouille?
Le film, s’il ne répond à toutes ces questions, est un outil pour les aborder et montre toute la complexité de l’installation d’une équipe de fouilleurs dans un secteur urbain difficile, chargée dans un temps limité de restituer l’histoire d’un lieu aussi délicat à aborder.” 
Colette Castrucci, historien et archiviste à l’Inrap Marseille
L’essai documentaire de 50 mn sera précédé de deux présentations orales.  Colette Castrucci (historienne), traitera de l’évolution du quartier et du cimetière entre le Moyen Age et l’époque contemporaine et Anne Richier (archéo-anthropologue) évoquera la vie et la mort d’un cimetière à la lumière des découvertes archéologiques.

> Essai documentaire « Lazarus, come forth! », 2013 – France – 70 minutes – HDV
(Production Cailloux & Zoulou Compagnie avec l’aide de la DAC Marseille,  du Fonds Roberto Cimetta, Label Marseille Provence 2013 / diffusion Canal Maritima) :

« Lazarus, come forth !»,  porte sur les pratiques religieuses en Méditerranée autour des os de Saint Lazare. Le film part de Marseille, où un vieux culte de vénération des reliques est poursuivi dans le quartier du Panier pour se poursuivre à Chypre et enfin en Béthanie, précisément Al Eizariya en Cisjordanie, où aurait ressuscité S Lazare. En sens inverse de la christianisation des premiers siècles, « Lazarus, come forth !» explore le rapport au corps, aux reliques, à l’oralité dans les pratiques catholiques, orthodoxes et plus largement dans les rituels païens contemporains. Derrière S Lazare et les cultes qui s’y rattachent encore aujourd’hui, se révèle un autre sujet : comment l’homme moderne continue à s’approcher de la mort, pour mieux en réchapper un moment du moins. 

Ce travail a été décliné sous la forme d’une POM (Petite Oeuvre Multimédia) accessible sur le net : ici

Ce webdocumentaire vous propose d’explorer des images, des idées, des gestes captés dans trois lieux de Méditerranée  Marseille / Larnaca / Al Eizariya

Transformer le point de vue, percevoir autrement le phénomène religieux, le déplacer. 
Au départ de cette recherche, il y a la figure de Saint Lazare, dit le “ressuscité” de l’Évangile de Saint Jean.
Dans la culture chrétienne, Lazare reste mystérieux car revenu de la mort, il ne dit rien.
Sa résurrection semble démontrer la puissance miraculeuse de Jésus son ami venu de Jérusalem à Béthanie (Al Eizariya) pour le sortir du tombeau quatre jours après sa mort.
Mais personne ne semble avoir vu Lazare ressuscité heureux.
Dans votre parcours d’images: sortir, partir, détruire, construire, commémorer, sentir…
D’un verbe à l’autre, déplacer les frontières de la pensée
/ Marseille
/ Larnaca (Chypre)
/ Al Eizariya (Béthanie, Palestine),
circuler d’un tombeau à une procession, d’une vidéo amateur à un tableau de maître, d’un radeau à une crypte…
Chaque parcours que vous lancerez recréera des explorations différentes, parfois des répétitions, des recommencements …
Une façon de réfléchir dans la richesse du hasard, ce que  nous raconte les récits autour de Lazare, de la mort à la vie, et l’inverse aussi…

 

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Suzel Roche, réalisatrice, en collaboration avec André Julliard, anthropologue (IDEMEC / CNRS)

> Série documentaire « Saga de l’Opéra de Marseille en 13 voix »
(série de 12 films-rencontres, produite par Cailloux,
avec l’aide de la DAC Marseille, de l’Opéra de Marseille, Label Marseille Provence 2013 / diffusion Canal Maritima et édition 3DVD) :

Projections de 6 films de la Saga les samedis 4 et 11 juin 2016 à 14H et le samedi 18 juin 2016 à 17H à la BMVR Alcazar, Marseille (entrée libre)

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Nous voilà donc en fin de réalisation d’une saga sur l’Opéra de Marseille : une saga en images, en sons, en archives, de la documentation en mouvements pour ausculter cette scène pleine de contrastes et d’anecdotes, pleine d’Histoire, d’émotions, de silences et de décibels. À l’heure où à Marseille, la culture est  tour à tour présentée comme ‘sinistrée’ ou ‘exubérante’, notre petit collectif de réalisateurs accompagné de la mezzo soprano Lucie Roche, s’est lancé dans une opération hybride : questionner le vécu de 13 ‘grandes voix’ de la scène lyrique phocéenne, questionner ce passé, leur présent, questionner ce rapport à la scène si personnel et collectif à la fois, interroger cette qualité si rare aujourd’hui d’unir « les publics » pour une même émotion du poulailler à l’orchestre.

Au départ, nous, réalisateurs de documentaires de création aux démarches cinématographiques différentes, nous souhaitions nous rapprocher des voix, du son surtout, de ce qui remplit une scène, des corps et de l’exigence qu’il y a à les dresser pour répondre à cet absolu du drame sur scène comme en ville. Des questions de cultures, sur la façon dont on créé. À la recherche du sensible, hors de la mise en scène, au cours de ces deux ans de tournage et de montages, nous avons plongé au présent dans les coulisses de grands théâtres lyriques mais aussi dans les coulisses de la mémoire. Progressivement nous nous sommes rapprochés de ce qui pouvait faire l’âme d’un art populaire avec toute la noblesse de ce qui sait être ressenti par des gens différents, hier ou aujourd’hui, juste une émotion, un son, une image, quelque chose de furtif et d’inoubliable qui peut réunir intensément un moment du moins…

 


> Installation et application smartphone (IPad) Tarot.move de Marseille
(Production Cailloux,
avec l’aide de Zinc Friche Belle de Mai, de la Bibliothèque départementale Gaston Defferre, Label Marseille Provence 2013 / installation permanente à l’ABD Gaston Defferre en 2013).


Application Appstore IPad
 :

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« Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant.

Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences » Lettre de Rimbaud à Paul Demeny – 15 mai 1871

Le Tarot de Marseille est un jeu de cartes étrange, où les 22 arcanes majeurs qui servent aux voyantes à dessiner l’avenir de leur consultant, décrivent tour à tour des situations individuelles basées sur des archétypes, et des représentations sociales plus ou moins datées.
Cette double représentation favorise une réflexion sur soi et invite tout un chacun à se situer dans la société, dans une réflexion politique au sens le plus large possible (c’est-à-dire dans un questionnement sur la vie de la cité, du « vivre ensemble »).
C’est dans cette veine introspective et interactive qu’est pensée l’installation Tarot.move de Marseille.

L’installation Tarot.move de Marseille propose à qui l’expérimente, un film composé de 4 séquences. En écho au tirage en croix du Tarot de Marseille, chaque séquence correspond à une carte.
Avec 22 arcanes majeurs donc 22 séquences, il y a 175 560 films possibles consultables sur la borne du Tarot.move

Ce parti pris esthétique et intellectuel de l’aléatoire ancre notre travail dans une veine volontairement subjective. Subjectivité des auteurs du Collectif Cailloux qui se réapproprie un arcane et l’interprète avec leur sensibilité propre et un regard direct sur le monde dans lequel ils vivent. Subjectivité des lectures du film, du côté des spectateurs devenus actifs, se réappropriant le sens des images dans une logique introspective.

En savoir plus:

https://www.facebook.com/Tarotmove?fref=ts
http://zinclafriche.org/blog/tarot-move-nouvel-engouement-pour-le-tarot/