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> web documentaire “Calanques, archéologie d’une marge”

En partenariat avec le Parc National des Calanques et la Maison Méditerranéene des Sciences de l’Homme(MMSH), l’association Ducks & Drakes vient de lancer la première branche de son web documentaire “Calanques, archéologie d’une marge”, une exploration interactive à 360° des vestiges archéologiques du Parc National des Calanques réalisée par Suzel Roche, journaliste et réalisatrice marseillaise.
Ce premier parcours visite les traces du passé militaire de cette marge urbaine, premier parc national périurbain, entre ville, mer et campagne.

 

Le web documentaire est accessible sur ordinateur, smartphone et tablette, à l’adresse :
http://enmarges.calanques-parcnational.fr/
et via le site internet du Parc National des Calanques :
http://www.calanques-parcnational.fr/fr/des-actions/sensibiliser-et-informer/actions-culturelles/web-documentaire-calanques-archeologie-dune
Suivront en 2019, puis 2020, le parcours # 2 “Vestiges industriels” et le parcours # 3 “Récits des origines”. 
Une production Ducks & Drakes, PNC, Urban Prod 

> Série documentaire « Saga de l’Opéra de Marseille en 13 voix »
(série de 12 films-rencontres, produite par Cailloux,
avec l’aide de la DAC Marseille, de l’Opéra de Marseille, Label Marseille Provence 2013 / diffusion Canal Maritima et édition 3DVD) :

flyer_opéra_ 2014

Nous voilà donc en fin de réalisation d’une saga sur l’Opéra de Marseille : une saga en images, en sons, en archives, de la documentation en mouvements pour ausculter cette scène pleine de contrastes et d’anecdotes, pleine d’Histoire, d’émotions, de silences et de décibels. À l’heure où à Marseille, la culture est  tour à tour présentée comme ‘sinistrée’ ou ‘exubérante’, notre petit collectif de réalisateurs accompagné de la mezzo soprano Lucie Roche, s’est lancé dans une opération hybride : questionner le vécu de 13 ‘grandes voix’ de la scène lyrique phocéenne, questionner ce passé, leur présent, questionner ce rapport à la scène si personnel et collectif à la fois, interroger cette qualité si rare aujourd’hui d’unir « les publics » pour une même émotion du poulailler à l’orchestre.

Au départ, nous, réalisateurs de documentaires de création aux démarches cinématographiques différentes, nous souhaitions nous rapprocher des voix, du son surtout, de ce qui remplit une scène, des corps et de l’exigence qu’il y a à les dresser pour répondre à cet absolu du drame sur scène comme en ville. Des questions de cultures, sur la façon dont on créé. À la recherche du sensible, hors de la mise en scène, au cours de ces deux ans de tournage et de montages, nous avons plongé au présent dans les coulisses de grands théâtres lyriques mais aussi dans les coulisses de la mémoire. Progressivement nous nous sommes rapprochés de ce qui pouvait faire l’âme d’un art populaire avec toute la noblesse de ce qui sait être ressenti par des gens différents, hier ou aujourd’hui, juste une émotion, un son, une image, quelque chose de furtif et d’inoubliable qui peut réunir intensément un moment du moins…


Installation vidéo du 25 au 28 février 2016 // De mémoire et d’oubli, le cimetière des Petites Crottes, Marseille 13015

De mémoire et d’oubli, le cimetière des Petites Crottes, Marseille 13015

Pendant plus de 5 mois en 2013 puis 2014, une équipe d’archéologues de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, a fouillé une partie du cimetière des Petites Crottes, en usage de 1784 à 1905. Le site, une fois fouillé, laissera place fin 2015 à un nouvelle station de métro, dans l’emprise d’Euroméditerranée 2, bordant la frange portuaire des quartiers Nord de Marseille. A l’intersection des temps, ce travail de mémoire et de documentation du passé, repose sur des gestes et des approches individuelles et collectives autour des restes humains. Au delà du rapport scientifique et méthodique au corps mort, se dessine notre propre rapport à la finitude, à la mémoire et à l’oubli. Mais aussi, la possibilité de réfléchir à partir des marges territoriales, nos liens au sein d’une société en mutation.

C’est à travers le regard croisé d’une vidéaste, d’une archéo-anthropologue et d’une historienne qu’apparaît la fouille archéologique d’un cimetière de la fin de l’Ancien Régime au début du XXème siècle, celui des Petites Crottes.

« C’est un regard à la foisur ce secteur particulier du quartier des Crottes, ancien hameau au Nord de Marseille complètement transformé par l’essor urbain lié la révolution industrielle, sur la manière dont se déroule une fouille archéologique préventive, sur la relation que les archéologues entretiennent avec les squelettes, avec leur propre corps et sur l’histoire du cimetière comme sur celle du quartier…
Suzel Roche filme tous ces contrastes entre le présent du quartier – secteur de rebut pas vraiment habité, dominé par les bretelles d’autoroute ou les boulevards de ceinture-,  et le passé où ce cimetière, qui fait l’objet aujourd’hui d’une fouille, avait été installé à la fin du XVIIIe siècle.
Que perçoit de ces différents éléments l’archéologue, pris dans le quotidien d’un chantier avaleur de temps et producteur de nouvelles découvertes?
Quelles questions posent la fouille d’un cimetière d’époque récente ? En quoi est-elle légitime?  Quel est le devenir du site et des vestiges exhumés après la fouille?
Le film, s’il ne répond à toutes ces questions, est un outil pour les aborder et montre toute la complexité de l’installation d’une équipe de fouilleurs dans un secteur urbain difficile, chargée dans un temps limité de restituer l’histoire d’un lieu aussi délicat à aborder. » 
Colette Castrucci, historien et archiviste à l’Inrap Marseille